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Paranormal Activity (2009)
Paranormal Activity est un curieux petit film, qui a mis trois ans à atterrir sur les écrans de cinéma. C’est fait sans grandes prétentions, sans grand budget, sans vedettes. Le film est stressant, mais aussi ennuyeux par moments.
Ce qui le rachète c’est la finale, les 4-5 dernières minutes. Ces images restent avec vous après le film, pendant un moment, selon votre “vulnérabilité” aux images de fantômes et trucs du genre, et vos croyances personnelles.
Disons que pendant une fraction de seconde, pendant le dernier “frame” du film, tout mon corps en entier eut la chair de poule.
Mais ça n’a duré qu’un infime moment.
Tout le reste du film, du début jusqu’à cette finale, n’existe que pour vous amener à cet endroit, cet état psychologique qu’il vous faut atteindre pour bien apprécier la fin. Il y a un long “buildup” dramatique, le film commençant très légèrement et peu à peu donnant dans un ton beaucoup plus grave. La tension monte continuellement.
Les deux acteurs principaux, des inconnus, sont très efficaces dans leur rôle. On ne parle pas ici de performances dignes d’un Oscar, mais pour jouer des gens “réels”, ils font l’affaire.
Le côté réaliste du film garde sa crédibilité tout au long de celui-ci, quoiqu’il faut réellement être naïf pour croire ce que l’on voit à l’écran.
Les effets spéciaux sont très subtils, et servent à merveille le scénario. Dès que l’on tombe sur l’image fixe des deux protagonistes en train de dormir – ce qui arrive régulièrement tout au long du film – on retient notre souffle et on attend avec anxiété de voir ce qui va se passer. Ce sont là les séquences les plus intéressantes du film. Entre ces séquences, on voit le couple en plein jour réagir aux événements de la nuit précédente, et/ou se demander quoi faire pour arriver à bout du supposé démon qui les hante.
Comme je l’ai mentionné, le degré de peur que vous causera le film dépend de votre vulnérabilité, de vos peurs personnelles, de vos croyances en ce genre de choses… Je suis assez peureux, et les films de fantômes et de démons ont toujours de l’effet sur moi. Les dernières images de ce film, et quelques autres moments de celui-ci, sont restés gravés dans ma mémoire.
Mais ce n’est pas, dans l’ensemble, un très bon film. Il risque fortement de vous ennuyer. Et/ou de vous faire rire par moments.
(23 octobre 2009)
JF
Drag Me To Hell (2009)
Précision: cette critique traite de la “Theatrical Version”, non pas de la “Unrated Version”)
Le dernier film de Sam Raimi marque son retour au style de ses toutes premières oeuvres: l’horreur.
Le scénario raconte l’histoire de Christine Brown, jeune employée dans une banque et qui vise une promotion. Lorsqu’une vieille dame gitane vient la supplier pour un nouveau prêt pour le paiement de sa maison (qu’elle est sur le point de perdre), Christine se voit dans l’obligation de le lui refuser (pour ne pas s’attirer le mauvais oeil de son patron). Mais la situation se retournera contre Christine, qui se verra jeter un sort par la vieille dame. Christine devra alors faire tout en son pouvoir pour éviter de voir une créature diabolique venir lui voler son âme.
Alison Lohman, que je ne connaissais pas, est tout simplement extraordinaire dans ce film.
Celle qui remplace Ellen Page (qui s’est retirée du projet à la dernière minute) et qui lui ressemble un peu, a un visage si expressif, si doux. Son jeu est tout en finesse. Son personnage est fragile, gentille, adorable, et se doit de devenir forte et courageuse tout au long du film.
On reconnaît bien la touche Sam Raimi. J’y ai vu quelques clins d’oeil à sa célèbre trilogie Evil Dead. À l’instar de ces films, Drag Me To Hell a quelques moments comiques, mais je me demande justement à quel point ils sont volontaires, et c’est là que le bas blesse.
Le film est truffé de scènes stressantes et terrifiantes. Pas terrifiantes dans le sens que ça vient vous chercher sous la peau et ne vous laisse plus respirer pendant la durée du film (du genre comme “REC” le faisait), mais plutôt des scènes pour vous faire sursauter, vous effrayer et vous ébranler pendant quelques secondes avec un flash d’un visage effrayant ou un bruit soudain et surprenant. Et ça marche. Sam Raimi n’a rien perdu à ce niveau.
Le problème se trouve plutôt dans le comique involontaire de certaines de ces scènes. Je pense en particulier à l’une des toutes premières scènes du film, celle du stationnement souterrain. Sans en dévoiler l’action ou le dénouement, je l’ai trouvée à la fois stressante et extrêmement comique. Ridiculeusement comique.
Même chose pour une scène plus tard dans le film, dans le garage de Christine.
Justin Long joue avec brio le petit copain qui ne voit et n’entend presque rien (presque, car il est quand même présent pour sa copine et se soucie de ce qui lui arrive). Il est d’un grand naturel (comme dans tous ses rôles) et sa chimie avec Lohman est très grande.
David Beymer, Reggie Lee et Dileep Rao sont tous excellents dans leurs rôles. Lorna Raver complète magnifiquement la distribution dans le rôle de la sinistre Mrs. Ganush.
Les effets spéciaux sont bien faits, mais encore là, ils m’ont parfois plus fait rire qu’autre chose. Certains sont bien réussis et donnent la frousse, alors que d’autres apparaissent comme étant très “cheaps”.
Le montage de quelques scènes nous ramène tout droit aux Evil Dead, mais en général c’est assez simple et conventionnel. On reconnaît la touche Raimi, mais aux yeux d’un public profane le film donnerait probablement l’impression de n’être qu’un film d’horreur parmi tant d’autres.
J’ai bien aimé. Je le recommande, si vous cherchez un bon petit film d’horreur pour la fête d’Halloween ou autres occasions. Pas autant que je recommanderais Trick R Treat ou The Children (probablement les deux meilleurs films d’horreur que j’ai vus cette année), mais Drag Me To Hell se défend bien et aurait mérité plus de succès au grand écran.
Et juste pour y voir Alison Lohman et sa performance toute en nuances, ça vaut la peine. La fille a une longue et belle carrière devant elle.
Le film a ses défauts, il fait rigoler parfois là où il ne devrait pas, mais les dialogues sont réalistes, le jeu des acteurs est solide, et l’histoire accroche dès les premières minutes (et ne devient jamais lassante, quoique prévisible).
Si vous aimez les films d’horreur, et/ou Sam Raimi, c’est à voir.
(15 octobre 2009)
JF
George A. Romero’s Survival Of The Dead (2009)
J’ai vu hier soir le nouveau film de George A. Romero, le sixième de sa série de films de zombies.
Je ne vous résumerai pas l’histoire (vous la trouverez facilement sur le net). Il s’agit en fait d’un western. D’un “hommage” si l’on veut, ou plutôt d’un film qui s’inspire de vieux westerns que Romero a beaucoup apprécié dans sa jeunesse.
Je suis un grand fan de la première trilogie, en particulier de Dawn Of The Dead, qui est mon film d’horreur préféré (lire ma critique ici). J’ai beaucoup aimé Land of the Dead en 2005, et beaucoup détesté Diary of the Dead, quoique après l’avoir revu dernièrement, je l’ai trouvé plus intéressant. Les acteurs sont toujours aussi mauvais, les personnages toujours aussi inintéressants, mais le film est moins pire que dans ma mémoire.
Que dire de ce nouveau film?
Et bien, il ne faut pas s’attendre à un film sérieux. À l’instar de Dawn of the Dead qui était truffé de scènes comique, Romero nous offre ici un film très comique, qui ne se prend pas au sérieux. Ce qui est dommage pour les fans qui s’attendaient à un film sérieux et lugubre, mais Romero joue ici la carte de la comédie.
Ses personnages sont des caricatures, de gros clichés, avec des dialogues irréalistes, mais à la différence de Diary, les acteurs sont talentueux cette fois-ci et peuvent faire passer plus aisément la grossièreté de leur personnage. Ils s’amusent avec.
Entre autre Kenneth Welsh, l’un des acteurs canadiens les plus “bosseurs”, ayant joué dans des tonnes de productions américaines et canadiennes. Je me souviens particulièrement de lui dans la série Twin Peaks, où il jouait le sinistre Windom Earle. J’étais donc très heureux de le retrouver ici. Son accent irlandais dans Survival n’était pas crédible du tout, mais son jeu, en revanche, l’était.
Romero nous présente, comme à l’habitude, différentes façon de tuer les morts-vivants, que ce soit avec un extincteur, un “flare gun”, etc. Le film déborde d’originalité à ce niveau. Les effets spéciaux ne sont pas aussi réussis que dans certains de ses autres films (je m’ennuie tellement de la collaboration Romero-Tom Savini), mais il y a plus de zombies et définitivement plus de gore que dans Diary.
Sauf que les maquillages sont moins bien réussis dans ce nouveau film. Les zombies n’ont l’air qu’à des acteurs avec un peu de crème et/ou de poudre dans le visage.
En terme d’histoire, je dirais que le film se rapproche plus de Day of the Dead. On a un conflit entre deux factions, l’une qui dit que l’on doit tuer les zombies, l’autre qui affirme que l’on doit les enchaîner en attendant de trouver une “cure”, ou de les amener à se nourrir d’autre chose que des humains. Et nous avons certaines personnes au milieu de tout ça qui assistent au conflit. Et à la fin, c’est le bordel, les zombies s’attaquent à tout le monde, et c’est chacun pour soi.
Mais le ton est définitivement plus léger que Day. Sauf que ça fonctionne tout de même.
Romero l’a dit avant le film: “Je veux que vous riez. Lors d’autres projections, les gens n’ont pas compris qu’ils devaient rire. Mais ce film est fait pour rire”.
Le film critique la nature humaine, comme dans tous les films précédents de Romero. Ces vieux conflits qui ne veulent s’éteindre ou ne peuvent être mis de côté même dans les pires situations. Ici, comme dans l’oeuvre entière de Romero, les humains sont plus dangereux que les zombies.
En somme, j’ai bien aimé le film. Ça ne passera pas à l’histoire, ça ne deviendra jamais un classique du genre (ou un classique tout court), mais c’est divertissant. Ce film est définitivement, dans mon livre à moi, supérieur à Diary. Le look du film est superbe, les paysages, etc. Pas de caméra subjective ici. Et les acteurs sont 100 fois meilleurs.
Mais ça demeure un petit film de série B, qui ne tente pas vraiment de faire peur mais plutôt de faire rire en vous faisant réfléchir un peu. Ce n’est pas très intelligent ni très bien fait, mais ça demeure original, et on ne s’ennuie jamais tout au long du film. Beaucoup d’action, beaucoup de zombies, beaucoup de gore.
Il ne faut pas être trop exigeant. Le Romero des premières heures n’est définitivement plus. Le bonhomme a vieilli, ses films sont différents. Ça demeure tout de même du bon divertissement.
(10 octobre 2009)
JF
Alien Raiders (2009)

Dans Alien Raiders, un groupe de gens mystérieux prend en otage les occupants d’une petite épicerie d’une ville perdue des États-Unis. Il semblent être à la recherche de quelqu’un – ou quelque chose – mais ne veulent rien dire.
Les policiers arrivent sur les lieux et tentent de négocier avec les assaillants.
En gros, voilà la prémisse.
La pochette donne l’impression d ‘un film grandiose, mais il s’agit d’un série B, à très petit budget.
Ceci dit, ne laissez pas ce fait vous décourager; le film est meilleur que bien des films de sa catégorie, et aurait presque pu être présenté en salles. Il y a des films bien pires qui sortent sur les écrans chaque semaine…
Alien Raiders met en vedette des acteurs de la télévision (Carlos Bernard de la série 24, Rockmond Dunbar de Prison Break). La plupart des acteurs sont adéquats pour ce genre de film, sans plus.
Tout comme dans 24, Carlos Bernard n’a qu’une seule expression faciale, peu importe l’émotion. Mais je l’aime bien quand même, alors j’étais content de le voir à la tête de la distribution. Malgré son expression éternellement embêtée, il demeure sympathique.
Les effets spéciaux n’ont rien de spécial, mis à part qu’il y a peu d’effets par ordinateur et je respecte cela. Les maquillages et trucages sont très réussis.
L’histoire est simplette, empruntant à d’autres films comme The Thing de John Carpenter, entre autres, mais ça demeure en tout temps intéressant, malgré le fait que le punch final est facile à voir venir.
Le film est un excellent divertissement qui ne devrait pas être sous-estimé. Vous risqueriez d’être surpris par sa qualité. Malgré quelque petits défauts et les limitations visibles du budget, je le recommande à tout amateur de science-fiction et d’horreur.
JF
Life On Mars (série complète) (2006)

Son nom est Sam Tyler, il est commissaire principal de la police de Manchester.
Un jour il a un accident, et se retrouve alors en 1973.
Est-il fou, dans le coma, ou vraiment de retour dans le passé? C’est ce qu’il cherche à comprendre.
“Life on Mars” est une série britannique en 16 épisodes (8 par saison) diffusée à partir de 2006 sur la BBC. Elle obtint un vif succès auprès de la critique et du public, si bien qu’une série dérivée, Ashes to Ashes, fut produite immédiatement après, ainsi qu’un remake américain.
John Simm joue Sam Tyler, un policer dans la trentaine qui se voit propulsé en 1973, dans un monde totalement différent du sien. Lui qui est habitué aux méthodes policières modernes, aux ordinateurs et aux téléphones cellulaires a l’impression d’être tombé sur une autre planète.
Il sera confronté aux méthodes brutales du commissaire principale Gene Hunt, un rustre qui n’a pas la langue dans sa poche, très grossier et ayant tendance à aimer tabasser les suspects. Son équipe le respecte et le craint, et Sam s’affairera au cours de la série à changer un peu leurs procédés et leur façon de voir les choses.
La relation Sam-Gene est au centre de la série. C’est cette confrontation de méthodes et d’idées qui rend le tout intéressant, créant des étincelles. Le jeu des deux acteurs est tout à fait sublime. Philip Glenister habite totalement le personnage de Gene Hunt, le rendant vivant et bien réel. Ses méthodes sont souvent discutables, mais il est incroyablement intéressant en tant que personnage. Complexe, jamais tout noir ou tout blanc.
Les épisodes sont remplis d’humour. Le spectateur se surprend à se tordre de rire plus d’une fois par épisodes. Les nombreuses altercations entre Sam et Gene y sont pour beaucoup, ou encore les déboires de l’équipe d’idiots au sein de laquelle Sam travaille.
Dans chaque épisode, Sam reçoit des signaux extérieurs, qu’il s’agisse d’appels téléphoniques, de messages à la radio ou à la télé, ou d’apparitions étranges, que lui seul peut voir ou entendre, et qui lui laissent supposer qu’il est bel et bien dans le coma en 2006. Mais le mystère demeure tout au long des 16 épisodes, et n’est jamais lassant ou répétitif.
La musique joue un grand rôle dans la série (le titre Life On Mars est celui d’une chanson de David Bowie, qui joue dans la voiture de Sam lorsque celui-ci a son accident, ainsi qu’ à d’autres moments de la série), donnant le ton aux scènes, qu’il s’agisse d’un bon vieux rock de Deep Purple ou d ‘une ballade d’Elton John.
Le seul personnage qui semble comprendre (ou du moins qui écoute) Sam est Annie Cartwright, une jeune policière diplômée en psychologie. Les deux développeront de la sympathie l’un pour l’autre (voire même plus) et s’épauleront plusieurs fois au cours de la série. La jolie et talentueuse Liz White joue le rôle avec brio, avec un petit côté girl-next-door qui vient charmer tout le monde.
Je n’ai rien à dire de négatif sur Life on Mars: d’une durée de seulement 2 saisons, la série est quasi parfaite. Le dernier épisode offre une fin satisfaisante à une série jouissive et au grand coeur. Tout au long de celle-ci, il y a eu plusieurs moments où j’ai fait “Aaaaaaaaaaah” en assistant à une scène touchante, humaine.
Mais le plus clair du temps je le passais à rire. L’équipe de Gene Hunt en est une de joyeux lurons.
La version française est assez adéquate, quoique certains jeux de mots et expressions chéries de certains personnages sont perdus. Mais si vous n’avez que ça à écouter vous ne serez pas en reste. Les doubleurs font somme toute un très bon boulot.
Il y a de l’action (des poursuite à la 70’s, etc), mais très peu de sang et d’images choquantes, et si vous cherchez un bon divertissement, ne cherchez pas plus loin: Life on Mars est une série télé qui intéressera petits et grands (pas trop petits quand même…), pour diverses raisons, qu’ils ‘agisse de son humour, de son côté mystérieux et science-fictionnesque, sa trame sonore géniale, ou pour tout ça et bien plus encore.
JF

