Le Jour se Lève (1939)

Une chicane derrière une porte fermée, un coup de feu. Un homme sort, s’effondre dans les escaliers, dégringole sur plusieurs étages. Il est mort.
Un homme armé (Jean Gabin) se barricade dans sa chambre d’hôtel. Il est encerclé par la police, qui a investi l’immeuble. Les curieux accourent pour ne rien manquer du spectacle. On tire à la fenêtre de l’homme, on tire dans sa porte. Rien à faire. Il est armé, furieux, il ne sortira pas.
Le Jour se Lève de Marcel Carné traite de la solitude en amour, du désespoir, de la colère engendrée par la jalousie.
Il s’agit de l’histoire d’un homme un peu naîf, un peu simple, qui s’accroche fermement à ses sentiments pour celle qu’il aime, mais ces sentiments ne lui sont pas nécessairement rendus…
Écrit par Jacques Prévert d’après un scénario original de Jacques Viot, le film offre un regard très épuré, très innocent sur l’amour, sur les relations homme-femme, et sur la manipulation de l’autre dans le but de servir ses propres intérêts.
On a ici quatre personnages, deux hommes et deux femmes, qui n’arrivent pas à former de vrais couples. Leurs relations sont mensongères, ambiguës. Quand l’une des deux femmes parlent, il faut lire entre les lignes. Tout est dans le non-dit. Mais notre homme, Gabin, a une pensée trop simple, trop pure, pour jouer le jeu.
Il sera blessé par la cruauté de l’amour, blessé au point de blesser à son tour, voire tuer.
Le Jour se Lève est quelque peu lent et simpliste. Des scènes dont on a compris la raison d’être depuis longtemps s’étirent inutilement.
Mais somme toute le film est sublime, très beau, tendre et humain, et aussi très dur, sans pitié… tout comme l’amour.
(09 juillet 2006)
JF