Archives de décembre 2008
Minority Report (2002)

La plupart des films tirés d’écrits de Philip K. Dick sont, à tout le moins, intéressants… Si on s’attarde seulement aux plus connus, on peut leur attribuer à tous un point commun: ils traitent d’une problématique éthique reliée à l’avancement de la technologie.
On n’a qu’à penser à Total Recall, à Blade Runner, à Paycheck ou à Rapport minoritaire pour tirer facilement cette conclusion.
Qui plus est, les plus réussis (à mon avis Blade Runner et Minority Report, mais c’est très relatif) réussissent magnifiquement à équilibrer les aspects sérieux et divertissement. C’est probablement dû à la qualité du travail de réalisation.
Si Paycheck et Total Recall réussissent très bien au niveau du divertissement, leur portée éthique en est plutôt effacée. En ce qui a trait à Next, Screamers ou Impostor, les deux éléments ont été maltraités pour en faire des films plutôt ratés.
Quand on s’attarde à Minority Report, réalisé par Steven Spielberg, on voit un film intéressant, intelligent et divertissant.
L’histoire de passe dans un futur pas trop éloigné, futur dans lequel on a mis au point un procédé révolutionnaire, soit celui de l’escouade “pré-crime”, une division policière qui, à l’aide de mediums (des enfants de junkies auxquels les handicaps héréditaires liés à la toxicomanie de leurs géniteurs ont donné des capacités de voyance), sont capables de prédire les meurtres futurs et ainsi procéder à l’arrestation des “criminels” avant que le crime n’ait fait de victime.
L’escouade est menée par John Anderton, fervent défenseur de cette “technologie judiciaire” qui a COMPLÈTEMENT enrayé les meurtres dans la ville où le procédé est mis à l’essai.
Pas peu fier du succès de leur travail, Anderton restera convaincu et défenseur jusqu’à ce que son nom sorte du chapeau comme étant le perpétrateur d’un meurtre, prémédité de surcroît (chose qui n’arrive plus du tout vu le succès du procédé).
Comment le chef de l’escouade pré-crime pourrait préméditer le meurtre d’un homme dont il ne sait absolument rien 48 heures avant le meurtre? C’est ce que le film tentera de lui démontrer, au long de sa fuite (parce que comme il le dit bien lui-même, “everybody runs”).
J’ai adoré la façon dont Spielberg a amené le tout, et le film m’a énormément rappelé un de ses films précédents, soit A.I. (que j’avais trouvé particulièrement raté), mais comme si Rapport minoritaire était une façon de se racheter d’Intelligence artificielle, film décevant au possible.
La photographie de Janusz Kaminsky (probablement le seul directeur photo dont le nom vient spontanément à plusieurs) est tout simplement magnifique… froide, fluide, métallique et granuleuse, mais d’une façon naturellement équilibrée qui en fait du bonbon pour l’oeil…
J’adore Tom Cruise (à l’écran, pas dans ses frasques hors-cinéma) et il ne déçoit pas dans ce film… sans être un grand interprète (let’s face it… il joue plus souvent qu’autrement le rôle de… Tom Cruise) ses drames sont toujours crédibles.
Le grand point faible du film, à mon avis (et je ne peux pas comprendre comment même Steven Spielberg est tombé dans ce piège) est la présence de Colin Farrell. On s’en souvient tous, pendant une courte période Farrell a joué dans quatre cent quatorze films à Hollywood… The Recruit, SWAT, Daredevil, Alexander, Hart’s War, Phone Booth, American Outlaws, le tout en moins de deux ans. Il a donc été le Tommy Lee Jones des années 2000.
Et Minority Report n’a probablement été qu’un parmi tous ces films, qu’un parmi tous ces rôles dans lequel Colin Farrell a joué… Colin Farrell. Ce qui fait que son personnage semble ne même pas appartenir au film tellement ce gars-là n’a jamais joué, il n’a toujours été que lui-même, arnaqueur qui réussit à faire croire à tous que le film paraîtra mieux si son nom y est associé. Peut-être qu’alors c’était une bonne idée, mais le film vieillit moins bien, je crois, à cause de la présence de cet imposteur.
Reste que Minority Report est un excellent film, techniquement et philosophiquement. Pour ceux qui aiment se casser la tête, un peu, pas trop.
Pause
Bonjour,
Je parle en mon nom seulement (et non en celui de Pat).
Je vais prendre une pause du blogue pendant une semaine ou deux. Je reviendrai début janvier avec d’autres critiques, et d’ici là je penserai à différentes façons de rendre ce blogue plus énergique, plus vivant.
Peut-être que Pat continuera d’écrire, je ne sais pas.
Quoi qu’il en soit, merci infiniment de nous lire, et joyeux temps des Fêtes!
JF
The Santa Clause 3: The Escape Clause (2006)

Le film fut réalisé par Michael Lembeck, le même réalisateur que le 2e. Il fut également écrit par les mêmes auteurs.
Dans Santa Clause 3, Tim Allen est de retour à nouveau dans le rôle de Scott Calvin/Père Noël.
Elizabeth Mitchell, Eric Lloyd, Spencer Brislin, Judge Reinhold et Wendy Crewson sont tous de retour, ainsi que les personnages légendaires qui avaient été introduits dans le deuxième film, c’est à dire, entre autres, le Père Temps (Peter Boyle), la Mère Nature (Aisha Tyler), Cupidon (Kevin Pollack), et la Fée des Dents (Art LaFleur).
S’ajoutent à cette distribution les acteurs chevronnés Alan Arkin et Ann-Margret (dans le rôle des beaux-parents de Scott), et surtout Martin Short, dans le rôle du détestable Jack Frost.
Frost en a assez d’être dans l’ombre du Père Noël, et décide de prendre la place de celui-ci, et ce grâce à une clause spéciale. Une clause qui spécifie que si le Père Noël frotte sa boule de Noël personnelle en souhaitant tout haut ne jamais avoir été le Père Noël, tout s’annulera et Scott reviendra au point de départ, au moment où le Père Noël précédent était tombé de son toit (12 ans auparavant, dans le premier film).
Jack Frost tentera donc de forcer le Père Noël à frotter sa boule et à dire la phrase spécifique tout haut, et ce en créant le chaos au Pôle Nord et en rendant la vie dure pour Scott, qui doit dealer avec la visite de ses beaux-parents et une Mère Noël enceinte.
J’ai bien aimé ce film, qui est dans le même ton que le deuxième, très bonbon, très coloré, rempli d’effets spéciaux.
Je vais reprendre ici des commentaires que j’ai lus sur le net, le film est un peu trop “adulte” pour un film de Noël.
Une femme sur le point d’accoucher qui s’ennuie de ses parents et qui souffre de ne jamais voir son mari, difficile de croire que de jeunes enfants pourraient s’identifier à cette situation.
Mais il y a quand même beaucoup de choses à aimer pour les tout-petits dans ce film.
La distribution est très bonne. Le légendaire Alan Arkin en fait peut-être un peu trop. Si j’avais été réalisateur, je lui aurais dit: “Oui Alan, c’est un film pour enfants, mais pouvez vous en faire un tout petit peu moins, svp?”
Par contre, Martin Short est excellent, comme toujours.
Je n’ai rien d’autre à dire, sinon que c’est un film très agréable, et que si vous avez aimé les deux autres il n’y a pas de raisons de ne pas aimer celui-ci.
Le seul bémol est l’absence flagrante de Bernard, personnage important joué par David Krumholtz dans les deux premiers films. Krumholtz étant occupé par sa série télé Numb3rs, il a tout simplement été effacé du scénario, comme si le personnage n’avait jamais existé. Dommage.
(13 décembre 2008)
JF
La mouche 1 et 2

J’ai attrapé le film La Mouche à la télé récemment et ça m’a donné le goût de réécouter également le deuxième… C’est une de mes “franchises” (peut-on dire franchise quand il y en a 2???) d’horreur préférée… Si j’apprécie les “Vendredi 13″, c’est pour leur côté con et limite-cartoon… Toutefois en ce qui concerne La mouche (principalement le premier) c’est pour le côté sérieux du drame que vit le personnage principal.
La mouche
Seth Brundle (Jeff Goldblum) est un scientifique terne et drabe (jusque dans sa garde-robe, qui contient 5 costume tous pareils…) qui accorde une interview à une journaliste du nom de Veronica (Geena Davis) pour lui parler de son invention qui fera révolution: des “télépods”, genre de cabines qui permettront bientôt la téléportation.
Le prenant tout d’abord pour un sorcier charlatant, Veronica verra vite en Brundle quelqu’un d’intéressant et attachant, et sera de plus en plus présente pour l’aider dans ses recherche (et rendre aussi des comptes professionnellement…)
Lorsque le projet est suffisamment avancé pour faire un test chez l’humain, c’est le scientifique lui-même qui est cobaye… et comment pourrait-il en être autrement! L’événement aura bel et bien lieu… mais à l’insu de Brundle, il se transformera en tragique revirement de situation: une mouche, présente dans le télépod au moment où la téléportation a lieu, embête l’ordinateur responsable de la désagrégation puis de la rematérialisation des entités… Pris avec une situation face à laquelle il ne sait pas comment réagir, il fusionne les chromosomes des deux êtres en un seul et même à l’autre bout.
Et c’est là que le film commence. Si les prermières manifestations de la mutation qui s’opérera chez lui sont plutôt positives (allant même jusqu’à lui faire penser, lui qui ne sait rien encore de l’étrangère qui a fait le voyage avec lui, que la téléportation l’a “purifié”), d’autres changements, avec le temps, lui feront réaliser l’horreur de ce qui l’attend: devenir un être mi-homme mi-insecte.
Le film est monumental. Tout d’abord l’idée d’être le remake d’un film d’horreur des années 50, le film, grâce à son réalisateur David Cronenberg et aux changements scénaristiques qu’il a opéré, a finalement pris des allures de projet à part entière, indépendant, sauf par son concept de base, de l’original. Les mutations que subit le personnage principal sont si horribles qu’elles vont jusqu’à faire détourner la tête… mais l’horreur de ces changements n’arrivent même pas à la cheville de celle que nous pouvons deviner que Brundle ressent de devenir un tel monstre. Et cette “évolution” est si bien écrite et jouée, particulièrement par l’attitude du personnage qui commence par être horrifié et détruit, puis diverti et impressionné scientifiquement, et finalement plus du tout conscient de cette horreur, prenant de plus en plus, inconsciemment, l’attitude du monstre qu’il est en train de devenir. Ces changements au niveau de sa conscience prennent tout leur sens dans la confrontation entre Brundle-Mouche et Veronica à un moment du film où, tiraillée entre l’amour qu’elle ressent pour lui et la peur de ce qu’il est en train de devenir, elle vient le voir pour l’aider et que lui, lui expliquant ce qui est en train de s’opérer en lui, lui déclare “j’te f’rai du mal si tu restes”.
Goldblum est extraordinaire… je vous dirais même que dans ma scène préférée du dernier Batman (The Dark Knight), celle où le Joker s’invite à la table des mafieux pour les baver, son extraordinaire performance physique contient des mimiques à la Jeff Goldblum dans La Mouche.
La mouche 2
Impossible de faire une suite qui soit à la hauteur du premier film, car celui-ci bouclait la boucle, d’une certaine façon. La suite venait en quelque sorte profiter du “nom” du premier, mais ce n’est pas grave. Il en est résulté un bon petit divertissement “sympathique” (autant que puisse l’être un film qui implique de voir une tête se faire écraser sous un monte-charge ou une face fondre sous l’effet des sucs gastriques d’une mouche géante!).
Si le premier film était d’une certaine façon un huis clos sur le drame d’un homme, sans vraiment porter attention au côté “extérieur” des choses et focussait uniquement sur ce que vivait (autant physiquement qu’intérieurement) le personnage principal, on introduit ici les notions de cupidité corporatistes qui sont en quelque sorte le méchant du film, à travers le personnage de Bartok, chef d’entreprise qui fait croire à Martin Brundle (le fils de Seth Brundle qu’il a conçu avec Veronica après sa téléportation) qu’il est là pour l’aider et le guérir de ce dont il “souffre” (soit une croissance rapide et des aptitudes intellectuelles et même physiques accrues par rapport au reste des gens)… on s’apercevra vite, sans grande surprise, que Bartok n’attend que l’inévitable mutation de Martin pour en tirer profit… mais les choses ne se passeront pas comme il le croit, bien sûr.
Le film met en vedette Eric Stoltz ce qui est intéressant, et Daphne Zuniga (Melrose Place, Spaceballs). Les autres acteurs sont des inconnus (entouca de moi).
Au niveau visuel il contient quelques bonnes scènes, mais tout ce qui concerne la mutation de Brundle manque d’intérêt, sinon est particulièrement ridicule (notamment l’espèce de cocon dans lequel il se retrouve avant “d’éclore”). Dans ce film, le côté “je deviens un insecte donc je change à l’intérieur” n’est pas du tout présent, ce qui entraîne des scènes d’un ridicule monstre comme une mouche géante qui flatte un chien, ainsi qu’une mouche géante qui tape “DAD” sur un clavier d’ordinateur.
Reste qu’il ne s’agit pas de la pire suite de l’histoire du cinéma… le film n’a pas la même portée, par contre, que le premier.
My Name is Bruce (2007)

Vous connaissez Bruce Campbell?
Au cours des 25 dernières années, Campbell a joué dans une centaine de films et séries télé, pour la plupart des séries B. Il fut notamment la vedette de la trilogie Evil Dead, réalisée par Sam Raimi (avec qui il a étudié à l’université).
Dans My Name is Bruce, réalisé par Campbell lui-même, l’acteur de second ordre joue une version caricaturale de lui-même. Il est un has-been fini au bord du gouffre. Un jour, il est invité par des villageois à venir les aider à combattre une créature légendaire qui décime la population, mais l’acteur croit qu’il s’agit d’un film, et joue alors les héros insouciants. Lorsqu’il découvrira que la situation est bien réelle, il changera drastiquement d’attitude, et pas nécessairement pour le mieux…
Vous avez peut-être reconnu le résumé; il s’agit sensiblement du même que celui de ¡Three Amigos!.
My Name is Bruce s’adresse d’abord et avant tout aux fans de l’acteur. Il faut connaître sa carrière, et ses répliques célèbres, pour tout saisir. Ce qui n’est pas un problème dans mon cas, car j’ai toujours été un fan.
Mais j’ai bien peur de devoir révoquer mon statut de fan, car ce film m’a terriblement déçu, et à la fin je me grattais la tête d’incrédulité et d’incompréhension.
J’ai entendu parler de ce film depuis longtemps, j’ai suivi son évolution, et ça devait être – selon ce que j’avais compris – une sorte de retour en forme pour Campbell, un film fait avec amour, pour ses fans, etc.
Mais voilà: le coeur n’y est pas.
Premièrement, Campbell se moque de ses fans, et ce dès le début du film. Des fans enragés, effrayants, losers…
Deuxièmement, le scénario est d’une nullité à chier. Les blagues ne valent pas mieux que celles d’un enfant de 4 ans, et les (trop?) nombreuses références à la carrière de Cambell sont extrêmement mal utilisées. De plus, les personnages, situations, dialogues, ne sont qu’une série de clichés, sans profondeur, sans intelligence.
Vous allez me dire: “Il ne s’agit que d’un série B, et avec Bruce Campbell par dessus le marché! Pourquoi cherches-tu quelque chose d’intelligent là-dedans?”
Et bien je n’ai pas de réponse claire, mais voilà… Le gars a 50 ans, on pourrait s’attendre de lui qu’il essaie de faire des trucs plus matures! Je ne dis pas qu’il devrait renier ce qui a fait de lui un icône du film de série B, mais dans ce sens il aurait pu faire un film bien meilleur, qui soit un retour beaucoup plus éclairé, drôle, sur plusieurs niveaux et avec un certain recul, sur sa prolifique carrière.
Au contraire, il nous offre une oeuvre mièvre, juvénile, sans queue ni tête.
L’auteur, Mark Verheiden, a écrit – entre autres – The Mask, avec Jim Carrey. My Name is Bruce n’arrive pas à la cheville de The Mask (qui n’était pas lui-même un chef-d’oeuvre, pourtant).
Campbell n’a jamais été, selon moi, aussi mauvais que dans ce film. Il aurait pu au moins, pour ses fans, tenter de jouer un peu plus sérieusement. Faire semblant de prendre les choses à coeur, comme il le faisait dans ses vieux films. Mais il n’essaie même pas. Il passe au travers des scènes sans aucune conviction, sans sérieux.
Il fut une époque où Campbell “essayait”. Je l’ai même plusieurs fois défendu. Défendu son talent, défendu sa carrière. Ce gars en a, du talent. Beaucoup.
Son “comic timing”, en particulier dans Army of Darkness de 1992, est IMPECCABLE.
Il est également très drôle dans ses courtes apparitions dans les trois Spiderman (de son ami Sam Raimi).
Et que ce soit en journaliste dans The Hudsucker Proxy, en Elvis vieillissant dans Bubba Ho-Tep, en cowboy texan dans Serving Sara, ou jouant le Diable lui-même dans un épisode de X-Files, je l’ai toujours apprécié, et il avait toujours, selon moi, la gueule de l’emploi.
Mais dans My Name is Bruce, son jeu va bien au delà de la médiocrité. Il se joue dans le nez, cabotine comme un enfant, il boit même de la pisse, et ce à peine dix minutes après le début du film…
Il délivre ses répliques de manière peu convaincante, et il grossit à outrance son personnage – qui d’ailleurs n’est jamais sympathique, ce qui rend difficile la tâche au spectateur, qui essaie de s’intéresser à ce qui lui arrive.
La plupart des acteurs secondaires sont plutôt moyens, une coche au dessus de Cambell pour certains.
Ted Raimi, le frère de Sam, et accolyte de longue date de Cambell, joue trois rôles dans ce film. Lui aussi a déjà été bien meilleur (je pense à Horror in the Attic, entres autres).
Le film reprend même la vieille blague ennuyante du héros confronté à un choix et qui voit sur ses épaules un petit diable et un petit ange (joués par Campbell).
Le film est tellement simple, tellement décevant, il ne creuse jamais sous la surface.
Ça aurait pu être un regard intéressant sur une carrière en dents de scie tout aussi intéressante, avec des sous-entendus, de l’humour noir, des petites pointes lancées à l’industrie…
Mais non, rien de tout ça.
Il y a des gens qui vénèrent Bruce Cambell. Sérieusement. Quand j’ai commencé à surfer sur le net, il y a 12 ou 13 ans, j’ai tout de suite vu des gens affirmer que “Bruce Cambell is God!”
Il m’est même arrivé de l’affirmer aussi, avec un petit sourire en coin.
J’ai toujours aimé Cambell, j’ai toujours apprécié sa présence dans un film.
Et le gars a un réel talent d’acteur, du moins un talent inné de comique. Quand on le voit se battre avec sa propre main possédée dans Evil Dead 2, il s’agit là de pur “slapstick”, qui rappelle le jeu physique de Chaplin et Keaton.
Le gars aurait pu aller loin.
Mais on dirait qu’il a tout simplement laissé tomber au fil du temps. Il n’essaie plus. Son film pourrait sembler, à première vue, être un cri à l’aide, mais j’ai plutôt le sentiment que s’il avait vraiment voulu, il aurait pu faire un film franchement meilleur. Quelque chose qui aurait surpris ses fans, voire les déstabiliser, les sortir de leur zone de confort, et que le grand public aurait pu apprécier.
Mais non, faut croire que le gars semble maintenant se complaire dans sa propre médiocrité, et qu’il n’a voulu, avec My Name is Bruce, que faire plaisir aux “fanboys” qui se pâment continuellement devant lui ou tout ce qui est à son effigie.
Il ne s’agit même pas ici d’un exercice d’auto-dérision, ce qui était probablement l’intention voulue. Il s’agit plutôt d’un film médiocre, mettant en vedette un acteur qui n’essaie même plus d’être un acteur, et qui crache plus ou moins subtilement au visage de ses fans en leur disant: “Tenez, ce film je l’ai fait pour vous, et vous valez pas mieux que ça!”.
Ces mêmes fans qui eux – pourtant – semblent accepter ce film avec un large sourire, si je me fie à ce qu’on en dit sur le net…
Allez comprendre quelque chose.
Ceci dit, les effets spéciaux sont réussis.
(13 décembre 2008)
JF