Archives de novembre 25th, 2008
007: Quantum of Solace (2008)
Je ne me pouvais plus de voir le dernier James Bond… Bien que n’étant pas un fan de la série, j’avais comme une bonne grosse partie sale de la population été complètement ébahi par le nouveau souffle qu’on a apporté au personnage de Ian Fleming, particulièrement par la qualité de l’acteur principal de Daniel Craig – dont j’avais, encore une fois comme bien d’autres, été un détracteur avant de voir le film.
Verdict? Du déjà vu, mais du bon déjà-vu.
Au début, avec la poursuite en voiture, on se croirait dans Mission Impossible 2 au début du film (colombes en moins, Thandie Newton en moins, réalisation prétentieuse en moins). Plus tard, avec la poursuite sur les toits, on se croirait dans le troisième Bourne (avec sa poursuite sur les toits en Algérie). Et dans toute la seconde moitié du film, je me serais cru dans License to kill (Timothy Dalton en moins – ouf!).
Je ne voudrais pas qu’on croit ici que je n’ai pas passé un bon moment – bien au contraire. Le film est divertissant au possible, Daniel Craig fait tout aussi bien la job et les cascades sont extraordinaires. Mais comme on me l’a fait remarquer, tout le projet aurait peut-être bénéficié d’une vingtaine de minutes de plus.
Sans être ratée, j’ai été un peu déçu de la réalisation de Marc Forster, mais c’est peut-être à cause de mes trop grandes attentes: j’avais adoré ses deux films précédents (Stay et Stranger than fiction), je m’étais donc dit que sa contribution allait insuffler quelque chose de nouveau et ce ne fut pas vraiment le cas. Encore une fois, sans être mauvais ça n’est pas non plus remarquable. Même, j’aurais apprécié que la moyenne de durée des plans dans la “deuxième” poursuite du film (à pieds) soit plus grande que 1 seconde et demi…
J’ai adoré le côté technologique du film, j’ai bien aimé le côté “intrigue-espionnage-on-a-du-monde-partout”, bien que ce dernier n’ait pas été assez exploité. Trop de jeux dans le sable, pas assez d’espionnage.
Reste qu’on ne peut pas sortir “déçus” du film… s’il y a quelque chose, on en redemanderait.
Poltergeist 2 et 3 (1986 et 1988)
Poltergeist a probablement une grande place de choix dans le coeur de tous les cinéphiles, dans le palmarès des “séries qui n’auraient jamais dû être des séries”. Je veux dire par là qu’au film d’horreur génial que fut le premier, réalisé par Tobe Hooper (et Steven Spielberg, semble-t-il, beaucoup plus que ce qu’on nous laisse croire) on a laissé suivre deux films dont on se serait fort bien passé.
Je dis ça, et j’avouerai une chose: le second volet de la série n’a pas que des défauts…
Dans Poltergeist 2, on retrouve la même famille que dans le premier film, famille qui avait eu des problèmes avec des esprits malins et dont la maison s’était évanouie dans le néant… On les retrouve habitant chez “la belle-mère”, et ayant beaucoup de difficultés à joindre les deux bouts (notamment, les assurances ne semblent pas enclins à couvrir les maisons disparues pour causes de fantômes…)
On les retrouve, donc, et l’esprit malin en question les retrouve aussi. Si c’était suggéré dans le premier film, il devient plus-que-clair que cette fois-ci le démon en question s’intéresse seulement à la jeune Carol-Ann, dont il a pu “goûter la pureté” lors de l’enlèvement du premier film. On introduit le personnage d’une espèce de shaman indien qui aidera la famille à se débarrasser de la manifestation, et on ramènera aussi la liliputienne Tangina, medium qui avait ni plus ni moins que sauvé la famille dans le premier film.
Le film a énormément de défauts, et ils convergent tous vers une source: le scénario. Sans être un atout, la réalisation de Brian Gibson (qui a, des années plus tard, réalisé l’excellent Still Crazy, un de mes films préférés) n’a rien de faible non plus. Je considère qu’on a trop voulu rationnaliser et expliquer l’origine de la manifestation, et ce faisant on lui a enlevé tout le mystique que le premier film lui avait conféré… on s’était contenté d’expliquer dans Poltergeist que la maison était construite sur un lieu où des gens étaient inhumés, et on a un peu joué avec ces faits dans le second… j’ai trouvé l’explication insatisfaisante.
On a aussi apporté une dose de mysticisme amérindien, avec son lot d’incantations, de calumet de la paix et de “plumes dans l’cul pour faire autochtone” comme le dit si bien Pierre Falardeau, et ça m’a emmerdé royalement.
Pourquoi me donne-je la peine, donc, d’en parler si le film a tant de défauts? Pour une seule raison: Julian Beck.
Il s’agit d’un acteur que je ne connais pas du tout, mais sur qui j’ai lu et qui semblait, si vous me passez l’expression, un esti de fucké… et dans Poltergeist 2 (du moins pour le temps où il est présent) il est ce que j’ai vu de plus effrayant comme “être humain”. Il a un faciès vraiment spécial et je me souviens que dans ma jeunesse il a longtemps hanté mes cauchemars. Il y a une scène en particulier où il parle avec le père de famille (Craig T. Nelson, qui est je l’avoue une autre bonne performance dans le film), l’hypnotisant presque… il est saisissant et donne des frissons à coups sûrs.
Je disais “du moins pour le temps où il est présent”, parce que l’acteur est décédé pendant le tournage, des suites d’un cancer… son absence se fait sentir, même si on a tenté de la pallier en remplaçant le personnage du révérend qu’il incarne par des manifestations plus “animatroniques” et par des flashbacks… mais le film perd énormément d’intérêt du à la rareté de ses apparitions. Son décès a d’ailleurs alimenté le mythe de la malédiction de la série des Poltergeist. En effet, l’actrice qui jouait le rôle de l’aînée des enfants de la famille a été assassinée après la sortie du premier film, et Heather O’Rourke, la “mascotte” de la série, est décédée d’une mauvaise grippe peu avant la fin du tournage du troisième film.
Bref, réécoutez Poltergeist avant de voir ses suites… et si vous ne vous en pouvez vraiment pas, voyez la seule scène qui vale la peine dans le vidéo suivant!!
Poltergeist 3
Sincèrement, si l’existence du deuxième film est discutable, celle du troisième ne laisse même pas de place à la discussion.
Pratiquement plus de points communs avec le premier film, hormis la présence de la jeune Carol-Ann qui n’est qu’une préadolescente exaspérante, on retrouve ici la jeune fille hébergée par oncle (Tom Skeritt) et tante (Nancy Allen), allant à une école spéciale pour “jeunes doués”.
Des manifestations impliquant le révérend Kane (interprété cette fois-ci par un acteur dont-on-se-câlisse) commence à se produire de nouveau et le théâtre de celles-ci est maintenant l’immense immeuble dans lequel la famille vit… immeuble qui, si le film avait été mieux fait, aurait pu être considéré comme un personnage principal du film.
Tout est raté dans cette suite, que ce soit l’histoire qui n’est pas effrayante, la redondance de ses péripéties, les personnages (Carol-Ann et Tangina) qui ne sont plus que caricatures de ce qu’ils étaient dans le premier film. Les autres acteurs du film, tous autant qu’ils sont, sont froids et pas attachants pour un sou.
Bref, à éviter.

