Les critiques cinéma de JF et de Pat

Commentaires sur films en tous genres

Saawariya (2007)

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Saawariya est le plus récent film du réalisateur Sanjay Leela Bhansali.

Inspiré des “Nuits Blanches” de Fédor Dostoïevski, le film raconte l’histoire de Raj, un jeune artiste naïf et démesurément romantique, nouvellement arrivé en ville, et qui tombe amoureux de Sakina.  Mais le coeur de la belle est déjà pris, et Raj devra fraire preuve d’audace et de patience s’il veut atteindre le coeur de celle qu’il aime.

Le film se déroule au coeur d’un décor unique, “fermé”, un genre de ville fictive ne possédant pas plus que deux ou trois rues, entourée d’eau et où les gens se balladent en pirogue, peuplée par des ivrognes et des prostituées d’expérience rêvant de romantisme, et où tout le monde se retrouve le soir venu à la boîte de nuit du coin (pensez un croisement entre l’esthétique du faux Paris dans Moulin Rouge, et l’ambiance de Casablanca).

Visuellement parlant, il s’agit de l’un des plus beaux films qu’il m’a été donné de voir.  Et je pèse mes mots.  C’est à en couper le souffle.  Le travail de direction artistique sur ce film se doit d’être récompensé à tout prix.

Mais voilà: c’est à peu près tout ce qu’il y a d’intéressant dans Saawariya.

L’histoire est tellement mince qu’elle perd tout son intérêt puisque étirée sur 142 min.

Les deux acteurs principaux, Ranbir Kapoor et Sonam Kapoor (ils ne sont pas reliés), sont deux novices dont il s’agit là du premier film.

Je les applaudit d’avoir su porter un si prestigieux film sur leurs épaules pour leur première fois en tant que têtes d’affiche, et j’irai jusqu’à dire que dans le cas de la jolie Sonam Kapoor, son innocence aide son jeu, mais désolé, Ranbir Kapoor m’a donné des idées de violence tout au long du film.

J’avais le goût de me lever et de crier: “Enough already!  Mettez lui une balle dans la tête!”  Une seule balle, une toute petite balle, aurait suffi pour mettre fin aux éclats de joie ou aux lamentations du personnage, ainsi qu’aux souffrances du public.

Je ne sais pas quelles sont les différences entre le personnage écrit et l’interprétation de Kapoor, mais sur l’écran il est tellement romantique, tellement naïf, tellement “énervé”, tellement jeune et stupide et imbu de lui-même, qu’il en devient rapidement antipathique.

Je dirais même que les deux protagonistes sont froids et antipathiques comme j’ai rarement vu au cinéma.  Je n’ai jamais embarqué dans leurs souffrances, leurs joies.  Aussi faux que les décors autour d’eux, les deux personnages principaux n’arrivent pas à nous rejoindre en tant que public.

Mais pour revenir sur Ranbir Kapoor: my god!, que ce mec est détestable.  Il bouge mal, il danse de manière ridicule, et son personnage commet des gestes tellement réprimables, mais tout le monde lui pardonne, car il est supposément tellemeeeeeent charmaaaannt.

D’un autre côté, Rani Mukherjee dans le rôle de Gulab – la narratrice et prostituée qui devient rapidement amie de Raj  – est totalement merveilleuse.  Et là aussi je pèse mes mots. Elle est particulièrement charmante.

Mentionnons aussi Zohra Segal dans une performance à la fois touchante et comique (mais éperdument clichée), et Salman Khan – un acteur très aimé des dames en Inde – dans le rôle du badboy absent qui a emprisonné le coeur de la belle Sakina et l’a rendue complètement gaga.

Donc, un film à voir pour le côté visuel seulement.  Les numéros musicaux sont sublimes, les décors, les éclairages, la brume, les étoiles, la lune, tout ajoute au romantisme de la chose.  C’est un film romantique à l’excès, mais c’est un peu trop romantique, même pour un romantique fini comme moi.

Une personne avec un tant soi peu de cynisme en elle aura envie de gerber dès les premières minutes du film, et ça empire de minutes en minutes.   C’est naïf – je sais, je me répète, mais c’est vrai – irréaliste, et disons-le, cucul.

(19 novembre 2007)

JF

Rédigé par The Lone Dreamer

novembre 21, 2008 à 4:11

Publié dans Critique

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