Archives de novembre 16th, 2008
The thirteenth floor (1999)
La fin des années 90 a été le moment-clé de la découverte du virtuel dans la définition de qui nous sommes, et au moins trois films ont traité de façon “majeure” du sujet… The Matrix, eXistenZ, et parmi ces trois films Thirteenth floor est sans doute le moins connu et le plus “low profile”… avec raison, certes (il n’avait pas l’aspect d’évolution cinématographique de Matrix ni le glauque caractéristique à David Cronenberg d’eXistenZ) mais toutes ces raisons n’ont rien à voir avec l’intérêt que pourrait susciter le contenu.
Richissime propriétaire d’une entreprise qui travaille sur un projet censé révolutionner le monde de l’amusement électronique, Hannon Fuller se fait assassiner alors qu’il est sur le point d’avertir son principal employé et ami d’une découverte capitale qu’il a faite. Douglas Hall, l’employé en question, sera questionné par la police et devra découvrir la vérité sur ce qui s’est passé avec Fuller avant d’être formellement accusé du meurtre.
D’autres considérations viendront toutefois le hanter, beaucoup plus que la perspective de croupir en prison pour le restant de ses jours… Le projet sur lequel il travaillait, une simulation de réalité virtuelle ramenant le sujet dans les années 30 et lui permettant de vivre “comme s’il y était”, semble prendre beaucoup plus de place qu’il n’aurait dû au départ… et les identités réelles et virtuelles commenceront à se mélanger.
Thirteenth floor est un film qui a bénéficié d’un bien moindre budget que les deux autres films auquel je l’ai comparé… d’abord sa distribution est peuplé “d’illustres inconnus” (comme j’aime bien appeler les acteurs à qui j’attribue beaucoup de talents, mais qui ne sont connus à peu près que par moi, JF et leurs parents…), à commencer par Craig Bierko que j’aime bien (il a joué entre autres un petit rôle (mais très intéressant) dans Sex & the City et son plus grand rôle fut le pastiche du Tom Cruise de War of the worlds dans Scary Movie 4. Il y a aussi Armin Mueller-Stahl, Gretchen Moll que j’aime bien aussi (qu’on a pu voir dans Rounders) ainsi qu’un early-Dennis Haysbert (le Président Palmer dans 24).
Mais la palme de jeu du film, quant à moi, revient à Vincent d’Onofrio (l’inoubliable Baleine de Full Metal Jacket). Il est magnifique, grotesque comme le(s) rôle l’exige(nt) et complètement éclaté.
Au départ le jeu des acteurs nous semble gros. Exagérément typé… particulièrement dans la version “simulation” du film… mais on comprend bien vite pourquoi et plus le film avance, plus cette “lacune” (qui n’en est pas une, finalement) prend tout son sens.
Le monde des années 30 est grossièrement exécuté (autant par les décors qui semblent en papier mâché que par la photographie qui est sommairement teintée sépia). On sent que le mince budget y est pour quelque chose, mais en même temps ça sert bien le récit, c’est ce qui est merveilleux… Le monde “actuel” et ses “avancées technologiques” est constitué de faisceaux lumineux, ce qui rend le film un peu trop peu élaboré pour être réellement pris au sérieux. Mais on passe par-dessus ce défaut lorsqu’on embarque dans le film pour ce qu’il est, un hybride entre un film de science-fiction et un “film-noir”.
On ne peut pas parler de ce genre de film sans traiter de son propos, qui plus est sans le comparer à La Matrice et eXistenZ. Mises à part les considérations budgétaires, le principal point qui caractérise Thirteenth floor, c’est l’attention qu’on porte à ce que vivent émotivement les personnages, particulièrement lorsqu’ils s’aperçoivent qu’ils sont manipulés, et encore plus lorsqu’ils se rendent compte qu’ils sont une construction, de simples personnages finalement… ça a quelque chose des récits de Philip K. Dick (une espèce de mélange de Total Recall, Blade Runner), sans être aussi verbalisé (peut-on dispos de ce que l’on crée, à supposer que ces créations se développent une âme propre?).
Bref, il s’agit à mon sens d’un bon film de science-fiction, un peu grossier sur le plan technique et sur le plan de la réalisation, mais des personnages et un récit auxquels on s’attache.
- Patrick
Changez d’côté…
Ce n’est pas Impact/Armageddon qui ont été les premiers films à traiter en peu de temps du même sujet… au contraire, un nombre impressionnant de films traitant de jeunes devenant vieux sont sortis vers le milieu des années 80… On pense certainement à Petit Bon Homme avec Tom Hanks et Elisabeth Perkins, à 18 encore avec George Burns, à Tel père tel fils avec Dudley Moore…
Mon préféré restera toujours, toutefois, Vice/Versa, avec Fred Savage (La princesse Bouton d’Or, Les années Coup de coeur) et Judge Reinhold (Le flic de Beverly Hills 2).
Dans ce film, grâce à un “crâne magique”, un espèce d’artéfact artistique importé tout droit de Thaïlande, un père et son fils (le cliché du père travaillant trop qui ne voit pas son fils suffisamment) échangeront leur place pour quelques jours, ce qui sera vécu comme un cauchemar pour l’un (le père qui doit revivre le début de l’adolescence, notamment l’enfer que représente l’école) et un party pour l’autre (les libertés et toutes les possibilités de la vie d’adulte).
Ça faisait des années que je n’avais vu ce film, et j’ai eu autant de plaisir à le revoir que lorsque j’étais de l’âge du personnage principal… c’est le genre de film, toutefois, qui ne nous apporte rien de plus à le voir à trente ans que quand on en avait 8… un pur divertissement.
Les deux acteurs principaux s’approprient très bien le film… Fred Savage est excellent dans son rôle de fausse grande personne, et Judge Reinhold est puéril et niaiseux à souhaits… toutefois peut-être un peu trop: souvent dans ce genre de film, le jeune incarné par la grande personne est beaucoup plus zouf que le jeune incarné par le jeune au début et à la fin du film.
Bref pour un retour en enfance (curieux, c’est justement le thème du film!), pas besoin de crâne magique… qu’à revisionner Vice/Versa pour vivre la même expérience que jadis!

