Archives de novembre 2008
Eagle Eye (2008)
Un film de D.J. Caruso, Eagle Eye raconte l’histoire de Jerry et Rachel, deux personnes totalement ordinaires qui ne se connaissent pas mais qui devront traverser ensemble une série de situations plus dangereuses les unes que les autres, et ce sur les ordres d’une voix féminine mystérieuse qui se sert des technologies modernes pour communiquer avec eux et suivre chacun de leur mouvements. De plus, la vie de quelqu’un de proche de Rachel est en jeu, donc aucun moyen de reculer.
Eagle Eye est un bon petit film d’action, rempli de cascades abracadabrantes, de situations impossibles. C’est l’Homme vs la Machine, ou plutôt l’Homme vs le Système, ce système même qu’il a créé. C’est l’histoire classique du monstre de Frankenstein qui se retourne contre son maître.
La distribution est impressionnante: Shia Laboeuf, toujours sidérant de justesse. Michelle Monaghan, excellente, et qui me rapelle une jeune Marcia Gay Harden. Les deux héros sont entourés de Billy Bob Thornton, Rosario Dawson, Michael Chiklis, William Sadler, et Ethan Embry.
Le jeune Cameron Boyce joue le fils de Michelle Monaghan. Il jouait également le fils de Kiefer Sutherland dans Mirrors, dont j’ai parlé hier. Il s’agit de ses deux premiers rôles au cinéma.
Le film est rapide, dès que l’action commence ça ne s’arrête plus, et bien que le tout soit irréaliste et exagéré, on embarque, on se laisse amuser pendant deux heures.
Sans vouloir trop en dire, il y a une machine dans ce film qui rappelle curieusement le sinistre pilote automatique dans Wall-E, le design étant quasiment le même.
Le film joue sur l’idée de paranoïa, de Big Brother. Selon la section “trivia” du site IMDB, à propos de Eagle Eye, l’action de celui-ci se situerait en janvier 2009, si l’on se fie aux caméras de surveillance dans le film. Sincèrement, j’ai pas remarqué.
Très bon film, très divertissant, une distribution de choix, de l’action et du suspense à revendre.
(29 novembre 2008)
JF
Mirrors (2008)
Le plus récent film d’Alexandre Aja raconte l’histoire de Ben Carson, un ancien officier de police reconverti en agent de sécurté, qui trouve un emploi de nuit comme surveillant d’un sinistre immeuble qui abritait un prestigieux magasin à rayons, et qui fut incendié. Anciennement, avant le magasin, l’immeuble avait abrité un hôpital.
Carson commencera à voir des trucs bizarres dans les immenses miroirs de l’endroit, et il acquerra la certitude que quelque chose désire s’en prendre mortellement à lui et sa famille par le biais des miroirs.
110 minutes de clichés.
C’est bien amené, c’est intriguant, intéressant. Jusqu’à un certain point. L’affrontement final entre Carson et…. je dis pas quoi, est décevant et stupide. Le film prend 1h30 à nous amener sur un terrain intéressant, mais tout dégringole à la fin, et on reste avec un goût amer.
Kiefer Sutherland joue Ben Carson. Il est en plein mode “Jack Bauer“. Quand il ne chuchote pas durant ses scènes comme Bauer, il lance des “God Damnit!“, ou il pointe son arme vers des nonnes…
Je me souviens d’un temps où Kiefer Sutherland était surprenant, original (Lost Boys, Flatliners, Dark City…), mais Jack Bauer – dont je suis fan, ne vous trompez pas – lui a sucé toute goutte d’originalité. En tout cas, dans Mirrors, il joue sensiblement comme s’il jouait Bauer.
Dans le rôle de sa femme, Paula Patton est – au mieux – médiocre.
Les deux jeunes enfants du couple n’ont rien de bien consistant à dire ou à faire, si ce n’est qu’avoir peur et/ou avoir l’air mystérieux.
Amy Smart n’a pas un grand rôle, mais elle figure dans la scène qui risque de choquer le plus de gens. Très, très gore…
Et Mary Beth Peil, que j’aimais beaucoup dans Dawson’s Creek (ben oui, j’en suis un fan…), est mal utilisée ici, son talent peu mis en évidence. Dommage.
Je ne dis pas que le film est un ratage. Probablement que, comme moi, vous serez intrigués tout au long de celui-ci, et que vous apprécierez les quelques moments de frousse (dans mon cas, j’ai bien aimé la femme brulée dans le miroir).
Et la finale, les 2-3 dernières minutes, viennent – selon moi – racheter en partie certains défauts du film. Ça nous laisse sur une note intrigante et satisfaisante pour ce genre de film.
Mais, en somme, si vous souhaitez avoir peur, laissez faire. J’ai pourtant essayé – j’ai regardé le film à 3 heures du matin, les lumières fermées – mais rien à faire: le film n’est pas effrayant.
Ni très bon.
Même un film comme Dead Silence, malgré sa médiocrité, était meilleur que ça…
(Mirrors est le remake du film sud-coréeen Into the Mirror)
(28 novembre 2008)
JF
Rod Serling’s The Time Element (1958)
Je vais faire une petite entorse à mon règlement personnel pour ce blog, qui est de ne pas critiquer autre chose que des films.
The Time Element est un épisode de télévision écrit par Rod Serling en 1958, qui devait servir de pilote à la série qu’il tentait de mettre sur pied à l’époque, The Twilight Zone.
Le pilote fut rejeté par CBS, mais suite à son éventuelle diffusion en novembre 1958, et aux nombreuses réactions positives du public, le réseau demanda à Serling un nouveau pilote, et The Twilight Zone put enfin prendre vie en 1959.
The Time Element demeure à ce jour peu diffusé à la télé, et plutôt difficile à trouver.
L’épisode met en vedette William Bendix, dans le rôle d’un homme qui discute avec son psychiatre (Martin Balsam) d’un rêve qu’il ne cesse de faire depuis une semaine, dans lequel il se réveille toujours à Honolulu, le matin du 6 décembre 1941, et de ses efforts (vains) d’aviser les gens de l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais, qui doit avoir lieu le lendemain.
Mais voilà, il affirme au docteur qu’il ne s’agit pas que d’un rêve – qu’il voyage bel et bien dans le temps, et se retrouve réellement en 1941 à chaque fois.
Je veux souligner la performance extraordinaire de Bendix. Il est d’un naturel incroyable, et son jeu est parfait, toalement parfait. Le mérite va aussi au scénario de Serling, débordant d’intelligence, d’humour, un scénario qui nous fait entrer immédiatement dans l’univers de cet homme tourmenté par ses rêves, et qui ne nous lâche pas deux secondes.
Ce que j’ai aimé également, c’est que les personnages secondaires ne sont pas que de simples idiots, mais des gens de tous les jours, intelligents, qui écoutent Bendix avec attention et se posent des questions. Tout n’est pas noir ou blanc dans ce scénario. Il y a plusieurs variantes de gris.
Même chose pour le psychiatre joué par Martin Balsam qui, bien que banal comme personnage, cherche réellement à comprendre son patient.
La réalisation est très efficace, bien de son époque, faisant des gros plans sur ce qui est important, tout en laissant plusieurs choses à notre imagination (et ça marche). Il y a des choses décrites par les personnages que l’on a l’impression d’avoir vues, après le visionnement, mais qui ne furent que suggérées.
C’est ce que j’aime de Serling , et de The Twilight Zone en général; le pouvoir de suggestion. On laisse faire l’imagination du spectateur, et l’épisode n’en est que plus fort.
Je n’ai que du bien à dire de cet épisode (qui se regarde comme un film). Ça date de 50 ans et certains n’apprécient plus ce style, mais si vous aimez la science-fiction intelligente et amusante, essayez de mettre la main là-dessus.
(27 novembre 2008)
JF
Saw 5 (2008)
J’ai bien aimé les trois premiers films. Au quatrième, quoique bon, je me suis dit que ça commençait à s’essouffler un peu.
Et maintenant le cinquième.
Jigsaw est mort. Mais il a un successeur, qui continue de faire régner la terreur avec des pièges ingénieux.
Disons que, bien qu’intéressant et ayant réussi à soutenir mon intérêt pendant 1h30, Saw V n’est qu’un remâchage de divers éléments des autres films de la série.
Même les victimes dans le film ne semblent plus impressionnées par les pièges et essaient, dans un calme relatif, de trouver des solutions, même si pour eux – contrairement à nous, spectateurs – il s’agit de leur première incursion dans le monde de Jigsaw.
Je n’ai à redire sur la direction de David Hackl, dont il s’agit du premier film en tant que réalisateur. Il suit les traces de Darren Lynn Bousman avec brio, tout en ayant un style quelque peu différent.
Sur une note personnelle, je suis plutôt content de voir Scott Patterson dans une série de films aussi populaires. Il jouait Luke, mon personnage préféré dans la série Gilmore Girls. Ici, il reprend son rôle de l’agent Strahm que l’on a vu dans Saw 4, un agent déterminé à faire la lumière à tout prix sur les meurtres. Patterson est un bon acteur, peu avantagé par ces films qui ne lui donnent pas grand chose à faire, mais tout de même, je suis heureux de le voir en action.
Même chose pour Julie Benz (qui jouait Darla dans les séries Buffy The Vampire Slayer et Angel), qui ici fait partie d’un groupe de 5 victimes de Jigsaw qui doivent travailler ensemble s’il désirent survivre aux différents pièges auxquels ils sont contraints. Pas une grande actrice, mais j’apprécie toujours sa présence dans un film ou une série télévisée.
Tobin Bell et Costa Mandylor reprennent leurs rôles respectivement de Jigsaw et du détective Hofmann. Toujours fidèles à eux-mêmes. Rien à redire. Le jeu est exagéré, sombre, et intense à souhait, ce que ce type de film requiert.
Le film est beaucoup moins sanglant que les précédents. On mise sur le suspense, sur l’élucidation des meurtres passés, présents (et futurs…).
Je n’ai pas été très emballé par le film. Intéressé, oui. Mais… peut-être que je suis blasé, car je n’ai trouvé de terrifiant, d’angoissant, rien qui me donne le goût de me ronger les ongles, de savoir à tout prix comment les victimes pourraient s’en sortir, etc. Ça manque de suspense. Le film manque de punch, de force.
Et pour un film d’horreur, ça manque… d’horreur.
Je me souviens du feeling que j’avais à regarder les autres films de la série. Une angoisse, une sorte de claustrophobie, alors que je me mettais à la place des personnages et que je m’inquiétais pour eux.
Pas de ça ici. Je me foutais pas mal de leur sort. Et comme je l’ai dit plus haut, même eux semblaient s’en foutre. Plusieurs personnages, même les victimes, avançaient sur le pilote automatique. Comme si tout le monde était blasé. Comme s’ils avaient déjà tout vu ça avant.
Ce n’est peut-être pas le cas pour eux, mais ça l’est pour nous, spectateurs. Saw 5 est le festival du déjà-vu.
C’est un bon petit film, et les fans de la série voudront le voir à tout prix, mais vous ne manquerez pas grand chose si vous passez votre tour et regardez autre chose.
(27 novembre 2008)
JF
007: Quantum of Solace (2008)
Je ne me pouvais plus de voir le dernier James Bond… Bien que n’étant pas un fan de la série, j’avais comme une bonne grosse partie sale de la population été complètement ébahi par le nouveau souffle qu’on a apporté au personnage de Ian Fleming, particulièrement par la qualité de l’acteur principal de Daniel Craig – dont j’avais, encore une fois comme bien d’autres, été un détracteur avant de voir le film.
Verdict? Du déjà vu, mais du bon déjà-vu.
Au début, avec la poursuite en voiture, on se croirait dans Mission Impossible 2 au début du film (colombes en moins, Thandie Newton en moins, réalisation prétentieuse en moins). Plus tard, avec la poursuite sur les toits, on se croirait dans le troisième Bourne (avec sa poursuite sur les toits en Algérie). Et dans toute la seconde moitié du film, je me serais cru dans License to kill (Timothy Dalton en moins – ouf!).
Je ne voudrais pas qu’on croit ici que je n’ai pas passé un bon moment – bien au contraire. Le film est divertissant au possible, Daniel Craig fait tout aussi bien la job et les cascades sont extraordinaires. Mais comme on me l’a fait remarquer, tout le projet aurait peut-être bénéficié d’une vingtaine de minutes de plus.
Sans être ratée, j’ai été un peu déçu de la réalisation de Marc Forster, mais c’est peut-être à cause de mes trop grandes attentes: j’avais adoré ses deux films précédents (Stay et Stranger than fiction), je m’étais donc dit que sa contribution allait insuffler quelque chose de nouveau et ce ne fut pas vraiment le cas. Encore une fois, sans être mauvais ça n’est pas non plus remarquable. Même, j’aurais apprécié que la moyenne de durée des plans dans la “deuxième” poursuite du film (à pieds) soit plus grande que 1 seconde et demi…
J’ai adoré le côté technologique du film, j’ai bien aimé le côté “intrigue-espionnage-on-a-du-monde-partout”, bien que ce dernier n’ait pas été assez exploité. Trop de jeux dans le sable, pas assez d’espionnage.
Reste qu’on ne peut pas sortir “déçus” du film… s’il y a quelque chose, on en redemanderait.




